Le pois chiche, allié santé… et séduction
Longtemps considéré comme un simple aliment du pauvre, le pois chiche mérite aujourd’hui une véritable réhabilitation. Derrière sa petite graine beige se cache une légumineuse aux vertus nutritionnelles et thérapeutiques remarquables.
Issu de la famille des fabacées, le pois chiche est cultivé depuis des millénaires au Proche-Orient avant de conquérir tout le bassin méditerranéen. Sa gousse, dont la forme évoque une tête de bélier, lui a valu son nom latin Cicer arietinum. Ce sont ces graines séchées que nous consommons.
Une richesse nutritionnelle sous-estimée
Le pois chiche se distingue par sa teneur élevée en fibres, protéines végétales et polysaccharides, avec environ 5 % de matières grasses — un chiffre modeste mais supérieur à celui de nombreuses autres légumineuses.
Contrairement aux protéines animales, qui tendent à augmenter le cholestérol sanguin, le pois chiche contribue à sa réduction grâce à ses fibres, ses phytates et ses phytostérols. Il participe aussi à une meilleure santé digestive et facilite le transit intestinal.
Autre atout méconnu : il contient autant de calcium que certains fromages frais.
À raison de 50 g de pois chiches, on apporte déjà environ 13 g de fibres, ce qui en fait un excellent soutien contre la constipation, y compris chez l’enfant (en purée, peau conservée pour plus d’efficacité).
Une place trop modeste dans nos assiettes
En France, la consommation annuelle reste très faible, alors que le pois chiche nourrit encore des millions de personnes autour de la Méditerranée, de l’Inde à l’Espagne.
Il se décline pourtant de mille façons :
- en soupe, salade, purée ou houmous,
- frit, fermenté ou intégré dans des galettes comme la socca niçoise ou la panisse marseillaise,
- autrefois même torréfié pour remplacer le café en période de disette.
Plus il est frais, plus sa cuisson est rapide. Pour les graines sèches, un trempage préalable reste toutefois indispensable.
Des usages médicinaux ancestraux
Les médecines traditionnelles lui attribuaient des propriétés surprenantes. Au Moyen Âge, on lui prêtait même un effet aphrodisiaque. Certains agronomes anciens recommandaient le bouillon de pois chiche pour soulager les troubles urinaires, l’engorgement du foie ou favoriser l’élimination des déchets par son action diurétique.
Préparations traditionnelles
Usage interne
- Faire tremper 100 g de pois chiches la veille.
- Faire bouillir 1 heure avec 50 g de persil frais.
- Filtrer et consommer dans les 24 heures.
Usage externe
- En cataplasme chaud, la farine de pois chiche était utilisée sur la poitrine en cas d’inflammation respiratoire.
Un trésor à redécouvrir
Redonner au pois chiche la place qu’il mérite, ce n’est pas céder à la nostalgie, mais renouer avec un aliment local, économique, écologique et extraordinairement polyvalent. Sa réintégration dans une cuisine moderne, inspirée des traditions du monde, est une richesse pour notre santé autant que pour nos papilles.


































