Congrès de l’ANAQ
Synthèse des conférences et perspectives pour la pratique - par Léa Talbot :
Je suis heureuse de partager quelques points clés issus du congrès annuel de l’ANAQ, consacré à la douleur chronique et à la fatigue. Cet événement a été une excellente occasion d’explorer diverses approches thérapeutiques — dont la gemmothérapie, la nutrition, l’ostéopathie, l’art-thérapie, la phytothérapie et bien d’autres — afin d’enrichir notre boîte à outils naturopathique.
La première intervention a mis l’accent sur le concept fondamental de prise en charge de la santé par le triptyque « excès, détox et carences ». Même dans les cas complexes, aussi simple que cela puisse paraître, l’importance de l’hydratation, des protéines, de l’activité physique, du sommeil et des autres bases est parfois négligée, alors qu’elles sont essentielles pour agir sur les causes profondes des déséquilibres.
La seconde conférence en naturopathie nous a encouragés à adopter une posture de détective dans la gestion des troubles chroniques, notamment en lien avec les mitochondries, le système immunitaire adaptatif et inné, ainsi que l’épigénétique.
Les dysfonctions mitochondriales peuvent se manifester par une diminution de la production d’ATP, un stress oxydatif, une accumulation de lactates et une fatigue cellulaire ou musculaire. Une baisse de l’immunité peut se traduire par des réponses inflammatoires exagérées, une exhaustion des lymphocytes T ou des phénomènes auto-immuns. Du point de vue épigénétique, une « réponse de danger cellulaire » chroniquement activée peut entraver la capacité de l’organisme à maintenir son homéostasie. Parmi les causes profondes évoquées figuraient notamment la maladie de Lyme, le Covid long, l’herpès, les moisissures, les toxines environnementales, les déséquilibres du microbiote, la dysrégulation du système nerveux, etc.
Concernant la nutrition, nous avons rappelé son rôle central dans la réduction de l’inflammation, la modulation de la perception de la douleur et le soutien du bien-être global. Nous avons revu le cercle vicieux de l’inflammation chronique, qui endommage cellules, organes et tissus. Les contributeurs majeurs à ce cycle délétère se retrouvent fréquemment dans l’alimentation occidentale : huiles raffinées, sucres, viandes transformées, additifs et édulcorants artificiels. Nous avons également examiné l’impact négatif des cytokines inflammatoires sur le système musculo-squelettique — notamment les tendons et le cartilage — via une diminution de la synthèse protéique, menant à une fragilité mécanique et à la dégradation tissulaire. Enfin, les modifications des nerfs sensoriels digestifs peuvent influencer la neuroplasticité.
Il est essentiel de se rappeler que la nutrition n’est pas « universelle » : les stratégies doivent être individualisées selon les besoins et la condition (diabète, fibromyalgie, dysbiose, ostéoporose, auto-immunité, etc.). Ce segment s’est conclu par la présentation de plusieurs approches alimentaires, dont le régime méditerranéen, reconnu pour ses effets positifs sur le métabolisme et la diversité du microbiote, riche en polyphénols, en bons lipides et en micronutriments, favorisant l’intégrité de la barrière intestinale et la tolérance immunitaire.
Nous avons ensuite plongé dans la phytothérapie, en explorant comment choisir les plantes adaptées aux systèmes affectés. En cas de fatigue chronique ou de douleur, il est crucial de favoriser le repos tout en évitant les plantes trop stimulantes. Exemples :
- Ortie : riche en acides aminés (30 à 40 % de son poids sec), minéraux, oligo-éléments, vitamines et flavonoïdes. Elle favorise l’élimination de l’acide urique, apporte des électrolytes et soutient certaines problématiques sous-cutanées, allergiques et articulaires.
- Avoine laiteuse : nourrit le système nerveux et aide en cas de fatigue, stress, anxiété, insomnie et troubles de la concentration.
- Rhodiola : plante adaptogène potentialisant dopamine, sérotonine et noradrénaline ; utile contre l’irritabilité et pour soutenir l’effort physique, la force musculaire et la récupération.
La gemmothérapie utilise les tissus embryonnaires frais des plantes (bourgeons, jeunes pousses, radicelles). Elle permet une action nourrissante, régénérante, détoxifiante, drainante, réparatrice de l’ARN et anti-âge. Son efficacité tient aux facteurs de croissance présents dans ces tissus, souvent absents chez la plante adulte.
Exemples :
- Juglans regia : propriétés anti-infectieuses, antiparasitaires, antifongiques et antibactériennes.
- Pinus montana : régénération des tissus durs (os, cartilage), drainant articulaire, lymphatique et hépatique.
Sur le plan psychothérapeutique, la création artistique est un langage alternatif permettant l’expression d’émotions complexes. L’art-thérapie stimule le cortex préfrontal, la plasticité cérébrale et l’imaginaire ; elle soutient la résilience émotionnelle, la confiance en soi et agit sur le système nerveux autonome, favorisant la reconstruction symbolique et l’appropriation de l’identité.
Enfin, nous avons revu l’impact de l’ostéopathie sur la régulation neuro-endocrinienne et circulatoire, la libération des restrictions tissulaires et leurs empreintes psychosomatiques. Cette approche manuelle améliore la vascularisation, la fluidité tissulaire, soutient les émonctoires et renforce l’immunité via le transport lymphatique et macrophagique. En mettant l’accent sur la respiration, on active le système parasympathique, ce qui diminue la douleur, améliore l’oxygénation, facilite l’élimination des toxines, apaise la sphère émotionnelle et favorise un sommeil réparateur.
En conclusion, la connaissance des pratiques thérapeutiques complémentaires nourrit profondément le bien-être. Les congrès naturopathiques sont essentiels pour stimuler la curiosité et approfondir la recherche des causes profondes. Ensemble, nous œuvrons à rétablir l’équilibre.
Léa Talbot - Étudiante du CMDQ


































